Le Viet Vo Dao reste l'un des arts martiaux les moins connus du grand public en France, et c'est dommage : peu de disciplines offrent un spectacle aussi marquant que ses ciseaux volés, où le pratiquant saute pour saisir l'adversaire entre ses jambes. Spécialiste des arts martiaux à Toulouse depuis 1996, nous équipons les clubs de Viet Vo Dao de la région, du débutant qui cherche sa première tenue au compétiteur qui renouvelle ses armes. Voici l'histoire de cet art martial vietnamien, de ses racines traditionnelles à sa pratique d'aujourd'hui.
Viet Vo Dao : de quoi parle-t-on ?
Le nom dit déjà beaucoup. Việt renvoie au Vietnam, Võ désigne l'art martial et le combat, Đạo la voie. Le Viet Vo Dao, c'est donc « la voie de l'art martial vietnamien ». C'est un art complet : on y frappe des poings et des pieds, on y projette, on y contrôle par des clés, et on y manie des armes traditionnelles. Sa marque de fabrique reste ses techniques de jambes spectaculaires.
Un point prête souvent à confusion : la différence entre Viet Vo Dao et Vovinam. Le Vovinam est l'école précise fondée par Nguyễn Lộc, dont le nom complet est d'ailleurs « Vovinam-Việt Võ Đạo ». Avec le temps, l'appellation « Viet Vo Dao » a été reprise plus largement pour désigner la voie martiale vietnamienne en général, y compris par d'autres courants. Le Vovinam en reste la branche fondatrice et la plus répandue.
Aux origines : le Vo Co Truyen et Nguyễn Lộc
Avant le Vovinam existaient les Võ Cổ Truyền, les arts martiaux traditionnels vietnamiens transmis de génération en génération, souvent au sein des villages et des familles. C'est dans ce terreau que pioche Nguyễn Lộc (1912-1960). Convaincu que la jeunesse vietnamienne a besoin d'un art à la fois efficace et formateur, il synthétise ces savoirs et y ajoute des principes nouveaux.
En 1938, à Hanoï, il met au point le Vovinam et le présente publiquement à la fin des années 1930. Son idée directrice n'est pas seulement de former des combattants, mais des êtres utiles à la société : l'esprit du Vovinam tient dans la volonté de devenir fort pour servir les autres. Pour explorer ce socle traditionnel, notre catalogue propose des supports vidéo comme le DVD consacré au Vo Co Truyen.
Cuong Nhu Phoi Trien : l'harmonie du dur et du souple
Si l'on devait résumer le Viet Vo Dao en un principe, ce serait celui-là. Le Cương Nhu Phối Triển désigne le développement harmonieux du dur (les frappes, la puissance, l'attaque directe) et du souple (l'esquive, la clé, la projection qui utilise la force adverse). Plutôt que de choisir un camp, le pratiquant apprend à passer de l'un à l'autre selon la situation. C'est ce qui donne au Viet Vo Dao sa polyvalence et sa réputation d'art complet.
La signature : les ciseaux volants
S'il y a une image qui colle au Viet Vo Dao, ce sont ses ciseaux de jambes sautés (les đòn chân). Le pratiquant bondit pour enserrer le buste ou le cou de l'adversaire entre ses jambes et le projeter au sol. Spectaculaires et exigeants, ces ciseaux demandent détente, timing et beaucoup de chutes à l'entraînement. Ils sont devenus la carte de visite de la discipline lors des démonstrations.
Du Vietnam à la France : une diffusion portée par l'exil

Après la mort de Nguyễn Lộc en 1960, ses successeurs poursuivent le développement de l'art, qui s'institutionnalise peu à peu au Vietnam. Mais c'est surtout l'histoire du XXe siècle, et l'émigration vietnamienne, qui font connaître le Viet Vo Dao au reste du monde.
La France joue ici un rôle particulier. Dans les années 1970, des maîtres vietnamiens y implantent solidement la discipline, au point que le pays devient l'un des grands foyers du Viet Vo Dao hors d'Asie. De là, l'art a essaimé vers d'autres pays européens. Aujourd'hui, le Viet Vo Dao et le Vovinam se pratiquent dans de nombreux pays, sous l'égide de plusieurs fédérations.
Les armes du Viet Vo Dao
Le travail des armes prolonge naturellement celui des mains nues. On y retrouve le bâton long, le sabre, la hallebarde et l'éventail, chacun servant à affiner les distances, les angles et la précision du geste. C'est aussi un volet très prisé en compétition et en démonstration. Notre rayon armes de Viet Vo Dao rassemble ces pièces, et pour situer ces armes dans l'ensemble des traditions martiales, notre guide des armes des arts martiaux offre un panorama plus large.
Grades, tenue et compétition
Le pratiquant de Viet Vo Dao porte le võ phục, la tenue traditionnelle de la discipline, fermée par une ceinture dont la couleur marque la progression. Le système de grades colorés varie selon les écoles et les fédérations, mais il suit partout la même logique : traduire à la fois le niveau technique et les valeurs morales du pratiquant. En compétition, on s'affronte sur trois terrains : le combat, les formes (quyền) et les armes.
S'équiper en Viet Vo Dao
Pour débuter, l'essentiel tient à la tenue et à la ceinture. Notre rayon tenues Viet Vo Dao et Vovinam propose les võ phục adaptés, du modèle club à la tenue de compétition. Pour le combat, des protections dédiées (casque, plastron, protège-tibias) complètent l'équipement, tandis que le travail technique s'enrichit avec les accessoires et les armes. Inutile de tout acheter d'un coup : la tenue d'abord, le reste au fil de la progression et selon ce que demande le professeur.
Questions fréquentes sur le Viet Vo Dao
Quelle différence entre Viet Vo Dao et Vovinam ?
Le Vovinam est l'école fondée par Nguyễn Lộc en 1938, dont le nom complet est Vovinam-Việt Võ Đạo. « Viet Vo Dao » désigne plus largement la voie de l'art martial vietnamien, reprise par plusieurs courants. En pratique, les deux termes sont souvent employés ensemble.
Le Viet Vo Dao est-il efficace en self-défense ?
Oui, car il couvre toutes les distances : frappes, clés, projections et sol. Son principe du dur et du souple en fait un art polyvalent. Comme toujours, l'efficacité dépend de la régularité de l'entraînement et de la qualité de l'enseignement.
Comment s'appelle la tenue du Viet Vo Dao ?
C'est le võ phục, l'uniforme traditionnel de la discipline, le plus souvent bleu pour le Vovinam. Il se compose d'une veste et d'un pantalon amples, fermés par une ceinture de couleur correspondant au grade.
Quelles armes pratique-t-on en Viet Vo Dao ?
Principalement le bâton long, le sabre, la hallebarde et l'éventail. Elles s'étudient à travers des formes codifiées et apparaissent aussi en compétition et en démonstration.
À partir de quel âge peut-on commencer ?
Dès l'enfance dans la plupart des clubs, avec un travail adapté. La variété de l'art (frappe, clé, projection, arme) en fait aussi une bonne porte d'entrée pour les adultes qui débutent, sans prérequis particulier.
Que signifient les couleurs de ceinture ?
Elles marquent la progression technique et l'engagement du pratiquant. L'ordre des couleurs varie selon les fédérations, mais le principe est partout le même : chaque passage de grade valide un niveau et des connaissances. Le mieux est de se référer au système de son propre club.
En pratique
Le Viet Vo Dao raconte une belle histoire : celle d'arts villageois vietnamiens devenus, sous l'impulsion de Nguyễn Lộc, un art martial complet et structuré, porté dans le monde entier par l'émigration. Entre puissance et souplesse, frappes et ciseaux volés, c'est une discipline aussi spectaculaire que formatrice. Pour vous lancer, parcourez notre rayon Viet Vo Dao et commencez par la tenue : le reste suivra le rythme de votre progression.

