L'aïkido a une particularité que les autres arts martiaux n'ont pas : on n'y achète pas tout son équipement le premier jour. Une question revient sans arrêt chez les pratiquants, débutants comme gradés : « quand est-ce que j'ai le droit au hakama ? », suivie de près par « quel bokken je prends, et en quel bois ? ». S'équiper en aïkido se fait par étapes, et chaque pièce a sa logique.
Spécialiste des arts martiaux à Toulouse depuis 1996, on conseille régulièrement les aïkidokas du premier cours au passage de grade. Ce guide reprend tout dans l'ordre : la tenue, le hakama, puis les armes. De quoi savoir quoi acheter, quand, et comment le choisir avant de parcourir le rayon équipement aïkido, kendo et iaïdo.
La tenue de base : le keikogi
On commence l'aïkido en keikogi, le gi blanc, avec une ceinture. Pour les premiers mois, inutile de viser le haut de gamme : une veste de toile résistante et un pantalon confortable suffisent largement le temps de confirmer que la pratique vous plaît. Le tissage sergé (le grain en diagonale) tient mieux les saisies répétées qu'une toile lisse, ce qui compte en aïkido où l'on attrape beaucoup le partenaire.
Le point à anticiper : si vous savez déjà que vous porterez le hakama par-dessus, une veste un peu plus longue évite qu'elle ne sorte du hakama pendant les déplacements. Vous trouverez les modèles adaptés dans la collection keikogi et vestes pour aïkido.
Le hakama : la pièce emblématique
C'est le vêtement qui fait l'image de l'aïkido : ce large pantalon plissé, le plus souvent noir ou bleu indigo. Mais c'est aussi celui qui génère le plus de questions, parce que les usages varient énormément.
Qui le porte, et à partir de quand ?
Il n'y a pas de règle universelle : ça dépend du dojo et de l'école. Dans certaines lignées, le hakama se porte dès le début ; dans d'autres, il est réservé au premier kyu ou à la ceinture noire ; dans d'autres encore, l'usage diffère selon le sexe du pratiquant. La seule bonne réponse, c'est de demander à votre professeur avant d'acheter. Une fois le feu vert obtenu, le choix se fait surtout sur la matière et la couleur.
Matière et couleur
Deux grandes familles. Le hakama en tetron (mélange polyester-coton) est le choix le plus courant : il garde ses plis, sèche vite et reste léger, idéal pour un usage régulier. Le coton lourd, façon hakama japonais Aïkikaï, offre un tombé et une tenue de plis incomparables, mais demande plus d'entretien et coûte nettement plus cher. Pour la couleur, le noir est le plus polyvalent ; le bleu indigo reste traditionnel et très présent en aïkido.
Côté repères, un bon hakama Noris noir ou son équivalent bleu en tetron se situe autour de 65 €, tandis qu'un modèle coton haut de gamme dépasse les 200 €. La différence se sent à l'usage et dans la durée, pas au premier cours.
Les armes de l'aïkido (buki)

L'aïkido se pratique aussi avec trois armes en bois, dans le travail de l'aiki-ken, de l'aiki-jo et du tanto-dori. La plupart des clubs en demandent au moins une dès la première année.
Le bokken (sabre en bois)
C'est l'arme la plus demandée. Le bokken reproduit le katana, autour de 100 cm de long, et sert au travail des frappes et des déplacements liés au sabre. Le bois change tout : un bokken en bois rouge Noris autour de 19 € convient parfaitement pour débuter, tandis qu'un modèle Dojo Master mieux fini encaisse les chocs répétés du travail à deux. Pour les enfants ou les premières séances, une version en caoutchouc mousse limite les risques pendant l'apprentissage.
Le jo (bâton)
Le jo est un bâton d'environ 128 cm, plus court qu'un bo, utilisé dans les techniques de l'aiki-jo. Un jo en bois de hêtre autour de 21 € est la base solide : le hêtre offre un bon compromis entre légèreté et résistance pour le travail quotidien.
Le tanto (couteau en bois)
Le tanto, couteau en bois d'une trentaine de centimètres, sert au tanto-dori, le travail des défenses contre couteau. Un tanto bois blanc Noris à une dizaine d'euros suffit ; les versions souples existent aussi pour un travail sans risque.
Récap de l'équipement
Quand : dès le premier cours
Repère : toile sergée résistante
Quand : selon le dojo (kyu, dan ou dès le début)
Repère : tetron ~65 €, coton 200 €+
Quand : souvent dès la 1re année
Repère : ~100 cm, dès 19 €
Quand : en complément du bokken
Repère : ~128 cm, hêtre dès 21 €
Quand : pour le travail des défenses
Repère : ~30 cm, dès 10 €
Choisir la bonne taille de hakama
La taille d'un hakama se choisit principalement sur la longueur, qui doit tomber à la cheville, juste au-dessus du sol. Les fabricants indiquent une correspondance avec la taille du pratiquant : dans le doute, fiez-vous au tableau de la marque plutôt qu'à votre tour de taille, car la ceinture du hakama se règle largement par les cordons (himo). Un hakama trop long traîne et se piétine pendant les techniques ; trop court, il perd son allure et découvre les chevilles.
Entretenir son hakama : les plis, surtout
Tout l'entretien du hakama tourne autour de ses plis. On le lave rarement, à la main ou en machine sur cycle délicat à froid, jamais avec un autre vêtement qui pourrait déteindre (le noir et l'indigo dégorgent au début). Surtout, on ne le passe jamais au sèche-linge : les plis sont alors irrécupérables. Le bon réflexe, c'est de le plier soigneusement après chaque cours, en suivant les plis d'origine, et de le suspendre par les cordons pour qu'il garde sa forme. Un hakama tetron pardonne plus qu'un coton, qui exige un repassage minutieux pli par pli.
Débuter ou progresser : par où commencer

Pour un premier achat, l'ordre logique est : keikogi, puis bokken (l'arme la plus utilisée), puis jo et tanto selon ce que demande votre club. Le hakama vient quand votre dojo vous y autorise. Si vous débutez et hésitez sur le budget, mieux vaut un keikogi correct et un bokken d'entrée de gamme que l'inverse. Pour transporter et protéger les armes, une housse dédiée évite les chocs et garde le bois en bon état, surtout si vous vous déplacez à vélo ou en transports.
Compléter et aller plus loin
Au-delà des indispensables, la collection accessoires aïkido regroupe housses, ceintures et compléments utiles. Pour le travail technique à la maison, les livres et DVD d'aïkido, notamment les ouvrages de référence de Christian Tissier, complètent bien la pratique au dojo. Et pour comprendre d'où vient cet art, notre article sur l'histoire de l'aïkido remet les pièces de l'équipement dans leur contexte.
En pratique
Commencez simple : un keikogi résistant et une ceinture suffisent pour les premiers mois. Ajoutez le bokken dès que le club travaille les armes, puis le jo et le tanto. Le hakama attend le feu vert de votre professeur ; quand il arrive, partez sur un tetron noir ou bleu pour un usage régulier, et réservez le coton lourd à une pratique avancée. Sur les armes, un bois dur d'entrée de gamme fait l'affaire pour apprendre ; on monte en finition quand le travail à deux s'intensifie.
Questions fréquentes
À partir de quand porte-t-on le hakama en aïkido ?
Ça dépend entièrement du dojo et de l'école. Certains le font porter dès le début, d'autres au premier kyu ou à la ceinture noire, d'autres encore selon le sexe du pratiquant. Renseignez-vous auprès de votre professeur avant d'acheter le vôtre.
Hakama noir ou bleu ?
Les deux sont traditionnels en aïkido. Le noir est le plus polyvalent et le plus courant ; le bleu indigo reste très présent dans la discipline. C'est avant tout une question de préférence et, parfois, d'usage propre au dojo.
Quelle longueur de bokken et de jo choisir ?
Le bokken standard mesure environ 100 cm et le jo environ 128 cm. Ces dimensions conviennent à la majorité des pratiquants adultes. Pour les enfants, des versions plus courtes existent, adaptées à leur taille.
Bokken en bois ou en plastique ?
Le bois reste la référence pour le ressenti et le travail sérieux. Les versions en mousse ou en polypropylène sont utiles pour les enfants, les grands débutants ou un travail de sécurité, mais elles ne remplacent pas un bokken en bois sur le long terme.
Quelle matière de hakama pour débuter ?
Le tetron (polyester-coton) est le meilleur choix pour commencer : il garde ses plis, sèche vite et s'entretient facilement. Le coton lourd offre un plus beau tombé mais demande un entretien minutieux et coûte bien plus cher ; il se justifie pour une pratique avancée.
Comment entretenir et plier son hakama ?
Lavage rare, à froid sur cycle délicat, jamais au sèche-linge sous peine de perdre les plis. Après chaque cours, on le plie en suivant les plis d'origine et on le suspend par les cordons. Le tetron pardonne ; le coton demande un repassage pli par pli.
Quel équipement d'aïkido pour un enfant ?
Un keikogi à sa taille, puis un bokken et un jo en version enfant, plus courts. Pour les premières séances d'armes, les modèles en mousse ou en bois léger limitent les risques pendant l'apprentissage.

