Premier cours de jiu-jitsu brésilien : le t-shirt en coton est trempé au bout de dix minutes, il remonte à chaque passage de garde, et le lendemain on a la peau irritée par le frottement du tapis. Le rashguard règle les trois problèmes d'un coup. Ce vêtement de compression, né du surf (le « rash guard » protégeait de l'irritation de la planche), s'est imposé sur tous les tapis de grappling, de MMA et de lutte. Spécialiste des arts martiaux à Toulouse depuis 1996, on le recommande dès le premier entraînement au sol. Reste à choisir le bon, et là les critères sont plus nombreux qu'il n'y paraît.
Pour parcourir les modèles en lisant, ils sont regroupés dans l'univers jiu-jitsu brésilien et la collection MMA, grappling et lutte.
À quoi sert vraiment un rashguard ?
Ce n'est pas un simple maillot moulant. Il remplit plusieurs rôles que le coton ne tiendra jamais.
- Hygiène : il forme une barrière entre votre peau et le tapis, ce qui limite nettement le risque de mycoses, d'herpès cutané et d'infections que se transmettent les pratiquants au contact. C'est l'argument numéro un au sol.
- Frottement : il évite les brulures de tapis et les irritations dues au gi de l'adversaire et aux saisies répétées.
- Thermorégulation : la maille technique évacue la transpiration, le vêtement reste sec et ne pèse pas une fois trempé, contrairement au coton.
- Maintien : la compression soutient les muscles, améliore le confort sur les longues séances et aide à la récupération.
Manches courtes ou manches longues ?

C'est la première question à trancher. Les manches longues couvrent l'intégralité des bras : meilleure protection contre les frottements et les microbes, précieuses l'hiver et dans les salles fraîches. Les manches courtes laissent plus de liberté et de fraîcheur, appréciées l'été et par ceux qui transpirent beaucoup. En grappling pur, beaucoup gardent un modèle longue manche ; en MMA et par forte chaleur, la courte manche domine. À terme, la plupart des pratiquants réguliers ont les deux pour alterner selon la saison et le rythme de lavage.
Entraînement, NoGi, compétition : ne pas se tromper de catégorie
Pour l'entraînement quotidien, n'importe quel rashguard technique bien coupé fait l'affaire : on cherche le confort et la solidité des coutures. Le rashguard d'entraînement adidas judo, JJB et grappling est un bon couteau suisse, polyvalent toutes disciplines au sol.
En compétition NoGi (sans kimono), c'est plus encadré. La fédération internationale de JJB impose des rashguards homologués, souvent liés à la couleur de la ceinture (le fameux système ranked). Le rashguard adidas NoGi manches courtes approuvé IBJJF et sa version manches longues répondent à ce cahier des charges. Si vous comptez compétitionner en NoGi, vérifiez toujours le règlement de votre fédération avant d'acheter.
Le rashguard sous le kimono : judo et karaté aussi
On l'oublie souvent : le rashguard ou t-shirt de compression se porte aussi sous le judogi ou le karategi. Il évite que le kimono colle à la peau, absorbe la sueur et facilite l'enfilage. Les modèles Mizuno Bio Gear sont pensés pour ça, avec une version manches longues pour l'hiver. Attention toutefois : en compétition de judo, le port d'un sous-vêtement est réglementé et souvent réservé aux femmes, là encore le règlement fédéral tranche.
Quel rashguard pour quel usage ? Le récap
Critère : confort, coutures solides
Repère prix : dès 28 €
Critère : homologation IBJJF, couleur grade
Repère prix : 42 à 47 €
Critère : compression fine, sans coutures saillantes
Repère prix : 21 à 32 €
Critère : liberté d'épaule, maille respirante
Repère prix : dès 28 €
Matière et coutures : ce qui distingue un bon rashguard

La base, c'est un mélange polyester et élasthanne : le polyester évacue l'humidité, l'élasthanne assure la compression et le retour élastique. Le détail qui trahit la qualité, ce sont les coutures : des coutures plates (flatlock) ne blessent pas la peau et tiennent aux saisies répétées, là où un modèle bas de gamme lâche à l'aisselle au bout de quelques mois. Sur les modèles imprimés, préférez la sublimation (le motif est teint dans la fibre) au flocage, qui se craquèle au lavage. C'est typiquement le genre de chose qui ne se voit pas sur la photo mais qui fait la durée de vie.
La taille : près du corps, sans comprimer à l'excès
Un rashguard se porte ajusté, comme une seconde peau : trop large, il fait des plis où l'adversaire accroche ; trop serré, il gêne la respiration. Fiez-vous au guide de tailles de la marque plutôt qu'à votre taille de t-shirt habituelle, car les coupes sont volontairement compressives. En cas d'hésitation entre deux tailles et selon votre morphologie, on aiguille volontiers au comptoir ou par téléphone.
Le rashguard féminin
Les coupes femme ne sont pas de simples versions réduites : elles sont cintrées et adaptées à la morphologie, pour un maintien correct sans points de tension. Le rashguard femme Metal Boxe et le Mizuno Bio Gear femme en sont deux bons exemples, pour le tapis comme sous le kimono.
Entretien : le faire durer
Un rashguard se lave à froid ou à 30 °C, sur l'envers, sans adoucissant (il bouche les fibres techniques et tue l'évacuation de l'humidité). Surtout, jamais de sèche-linge : la chaleur détruit l'élasthanne et craquèle les impressions. Bonne nouvelle, la maille sèche vite à l'air libre, souvent avant la séance suivante. On le lave après chaque entraînement, sans exception : c'est tout l'intérêt hygiénique qui en dépend.
Compléter sa tenue de combat au sol
Le rashguard va de pair avec un short de combat adapté pour le NoGi et le MMA. Pour la pratique en gi, retrouvez les kimonos JJB et les ceintures JJB. Et pour transporter le tout, jetez un œil aux sacs de sport MMA et grappling. Pour aller plus loin, notre guide complet de l'équipement MMA fait le tour de la question.
En pratique
Pour l'entraînement, prenez un rashguard technique bien coupé, manches selon la saison, et lavez-le après chaque séance. Pour la compétition NoGi, partez d'emblée sur un modèle homologué IBJJF à la bonne couleur de grade. Sous le kimono, un Bio Gear fin suffit. Dans tous les cas, on vise l'ajustement près du corps et des coutures plates : c'est ce duo qui fait un vêtement confortable et durable.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un rashguard et un simple t-shirt de compression ?
Le t-shirt de compression vise surtout le maintien musculaire. Le rashguard ajoute des coutures renforcées et une coupe pensée pour résister aux saisies et au frottement du tapis. Pour le sol, on privilégie un vrai rashguard.
Peut-on porter un rashguard en JJB avec kimono ?
Oui, sous le gi pour l'entraînement, c'est très répandu et confortable. En compétition avec gi, le règlement IBJJF encadre ce port, souvent réservé aux femmes : vérifiez le règlement de votre compétition.
Manches courtes ou longues pour débuter ?
Les manches longues offrent la meilleure protection hygiénique et anti-frottement, un bon choix pour commencer. Les manches courtes restent plus fraîches : tout dépend de la saison et de votre tolérance à la chaleur.
Comment choisir sa taille ?
On suit le guide de tailles de la marque, pas sa taille de t-shirt. La coupe est compressive : ajustée mais sans gêner la respiration. En cas de doute entre deux tailles, demandez-nous.
Un rashguard protège-t-il vraiment des infections de la peau ?
Il réduit nettement le risque en limitant le contact direct peau contre tapis et peau contre adversaire. Il ne remplace pas l'hygiène : douche après l'entraînement et lavage systématique du rashguard restent indispensables.
Pourquoi ne pas le passer au sèche-linge ?
La chaleur détruit l'élasthanne qui assure la compression et fait craquer les impressions. À l'air libre, la maille technique sèche de toute façon très vite.

